Le café à 0,45 €, le petit-déjeuner (café/chocolat/thé + jus orange + croissant) à 1,50 € et la presse du jour gratuite ! Cherchez l’erreur. Il n’y en a pas. Au Café des Petits Frères, on ne vise pas le profit mais le profil, ceux des gens de peu pour ne pas dire les miséreux, et Paris en compte des wagons.
Dans le troquet refait à neuf où la peinture n’en a, à mon avis, plus pour très longtemps avant d’être goudronnée (les pauvres ont la clope chevillée au bec), Marie, l’animatrice du café, délicate et brillante, vous sourit. On cause un peu, du comment ? du pourquoi ? du programme ? Ah ! oui parce que deux fois par mois - ne me demandez pas quand, c’est variable - l’estaminet fait son show. Une scène de poche, 3 m² à tout casser, au fond de la salle, accueille un chanteur, un musicien voire les deux. Plus, c’est difficile.
Quand la scène se vide, le juke-box assure l’ambiance. Non seulement, il effectue le plus incroyable grand écart musicologique qu’il ait été donné d’entendre, de la Compagnie Créole (« Au bal masqué ! ») à Madness (« One step beyond ») en passant par Ravel (le Boléro bien sûr). Tout ça, à l’oeil, fallait-il le préciser. Je me souviens d’un homme hors norme, Claudiu Lavezzi, patron du resto Sampieru Corsu dans le 15 ème (fermé depuis) qui pendant 30 ans a fait payer les riches pour servir gratos les pauvres. Le Café des Petits Frères, c’est un peu le même topo. N’hésitez donc pas, frangins.

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